CONTES
/ DIMANCHE 25 MAI 16H30
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Salim
Hatubou est né le 20 juin 1972 à Hahaya,
en Grande-Comore. À dix ans, il s'installe dans
les quartiers Nord de Marseille, où il devient
rapidement nostalgique de son enfance comorienne, de ses
contes et légendes. Adolescent, il écrit
des nouvelles et des articles, publiés dans diverses
revues ou magazines. Les Contes de ma grand-mère,
son premier ouvrage, paraissent en 1994. Depuis, contes,
poèmes, livres jeunesse ou encore romans engagés
se succèdent.
Salim Hatubou axe son œuvre sur l'identité
et la mémoire. Il se rend régulièrement
dans son pays natal pour effectuer des recherches. À
cet effet, il obtient par deux fois la Mission Stendhal
(1998 et 2005), une bourse du Ministère des Affaires
Étrangères Français. Il oriente ses
travaux principalement sur le choléra de 1975,
qui a emporté sa mère, et sur les reines
et sultans comoriens.
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Conteur,
après avoir longtemps écouté et retranscrit
les contes de sa grand-mère maternelle, il collecte directement
les histoires auprès des anciens. En 2000, le Centre
National du Livre lui octroie une bourse d'écriture et
le journal Marseille L'Hebdo le fait figurer parmi « les
cent qui feront le Marseille de demain », récompensant
ainsi son travail d'écrivain, de conteur et d'acteur
culturel (il anime des ateliers d'écriture).
Ces
trois disciplines l'amènent dans les bibliothèques,
les écoles et à travers le monde, principalement
à La Réunion, Mayotte, Anjouan et Grande-Comore,
pour des festivals de contes (Festival Coquelicontes du Limousin,
Festival de Vassivière, Festival de La Réunion...),
des salons du Livre (de Paris, de Montreuil, de La Réunion)
et d'autres manifestations culturelles (Lire en Fête,
Café Littéraire de La Réunion).
Engagé
dans l'humanitaire, Salim Hatubou s'emploie actuellement à
créer aux Comores La maison de Riama, un centre culturel
et éducatif destiné aux enfants vivant en milieu
rural.
La
littérature écrite comorienne d'expression française
est naissante. Le premier roman, La république des Imberbes
de Mohamed Toihiri, ne remonte qu'à 1984. Salim Hatubou
est l'un des pionniers de cette littérature et celui
qui publie le plus régulièrement. Il est l'auteur
d'une vingtaine d'ouvrages dont les styles sont aussi variés
que les thèmes. Parfois drôles (Marâtre,
Un conteur dans ma cité), parfois graves (Métro
Bougainville), leurs dénominateurs communs restent l'identité
et la mémoire.
Ayant
une culture franco-comorienne, l'œuvre de Salim Hatubou
traite aussi bien de la société française
que de la société comorienne. Auteur engagé,
il porte un regard avisé sur ses deux pays et dénonce
leurs travers, non sans s'attirer le foudre de certains détracteurs.
Dans Le sang de l'obéissance, par exemple, l'auteur s'oppose
aux mariages arrangés aux Comores ; dans Hamouro, il
soulève l'épineux problème de la balkanisation
de son archipel et témoigne des relations catastrophiques
entre Mayotte – restée sous giron français
– et les autres îles des Comores ayant accédé
à l'indépendance.
Nombre
de ses livres sont étudiés dans les écoles
françaises et comoriennes (Chifchif et la reine des diables,
Trois contes vagabonds, Marâtre, Métro Bougainville).
Il attache une grande importance à la transmission de
la culture et de la tradition, ce à quoi contribuent
également ses multiples recueils de contes, faisant ainsi
perdurer et revivre une littérature orale en perdition.
Actuellement,
il met en place le premier Festival International du Conte et
de l'Oralité dans son pays natal, prévu pour 2007.
Il collabore également pour différents journaux,
tels Respect et Kashkazi.
L'écriture
est le mode d'expression qu'il a choisi pour faire entendre
la voix d'un archipel trop méconnu et pour revendiquer
ses origines, avec, comme devise, « Sache d'où
tu viens, tu sauras toujours où tu vas ».
Laurence
Mennecart