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AFRO
POP / SAMEDI 24 MAI 21H30
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| Conjugaison
inouïe de la melopée mandingue et du groove des nouvelles
générations, alliance étonnante du tempo
funky avec les volutes jazzy de la flûte et les appels lancinants
de la chanson sahélienne, la musique de l’artiste
guinéenne Maciré
Sylla est une explosion de joie, une tempête d’émotions.
Nostalgies sahéliennes, cuivres trépidants, senteurs
jamaïcaines, pulsions nerveuses à la façon
urbaine, le répertoire de cette jeune femme belle et charismatique
intègre l’héritage mélodique des cantatrices
africaines avec les trouvailles rythmiques de la sono mondiale.
Dans les textes de ses ballades remplies de poésie, se
mêlent l’hommage à l’artiste disparu,
la leçon de morale et la complainte amoureuse, dans un
univers vibrant d’un expressionnisme vif en contagieux.Maciré
Sylla a beaucoup voyagé et tourné dans trois
continents. Les expériences partagées avec des musiciens
aux origines diverses se reflètent dans ses compositions
originales, à la croisée des chemins de l’Afrique
en mutation de de l’Occident en quête de nouvelles
sources d’inspiration.
Cette bête de scène doublée d’une vocaliste
hors pair est également un chef d’orchestre redoutable:
ses envolées imparables mènent à la symphonie
des instruments (guitares, soufflants, piano et percussions) et
la danse d’un public déchaîné, qui entoure
ses shows sulfureux d’un cadre festif et jubilatoire.
Synthèse éblouissante des prouesses chorégraphiques
des grands ballets d’Afrique Noire et des joutes dansantes
de la jeunesse métropolitaine, ses concerts sont un spectacle
à ne pas manquer.
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Pour
bien comprendre et mieux entendre Maciré
Sylla, il faut revenir en arrière. Cette voix-là
a suivi des voies divergentes pour se créer la sienne,
originale, chaude et sensuelle. Certes on ne peut manquer d’évoquer
la tradition, longtemps principalement incarnée par les
griots en Afrique de l’Ouest, qui a bercé l’enfance
de cette chanteuse née en 1970 à Conakry. Pourtant,
la jeune fille aux origines soussou n’est pas née
dans cette caste qui se doit de chanter depuis des siècles
les louanges du noble et les histoires du quotidien. Bien au contraire.
Elle en tire même une certaine fierté, comme nombre
de ses consœurs apparues sur les scènes locales puis
internationales depuis la fin des années 1980. Sa mère
était elle-même artiste, et c’est sans doute
pourquoi la petite fille sera élevée par sa grand-mère
dans un tout petit village de
Tayiré. De quoi lui Fournir une solide assise rurale,
ancrée dans le réel.
C’est
ainsi que son enfance va se rythmer en fonction des récoltes
et des fêtes qui les accompagnent. A dix ans, la Guinéenne
rejoint sa mère à la capitale. Là, elle découvre
le ballet Soleil d’Afrique et se découvre une vocation
: elle fera profession de la musique et de la danse. C’est
l’époque où l’omnipotent Président
Sékou Touré promeut jusqu’à l’excès
l’idée que tout Guinéen se doit d’être
potentiellement un artiste, et ce pour faire rayonner la culture
de ce petit pays au-delà de ses frontières. Les
fameux Ambassadeurs,
les redoutables Amazones
de Guinée ou le tout puissant Bembeya
Jazz en seront les fers de lance, les guides spirituels pour
les futures générations biberonnées dans
l’après-décolonisation de la sous-région
d’obédience mandingue. Maciré Sylla n’est
donc pas la seule dans la place et la compétition est des
plus coriace. Pourtant, elle s’impose comme le rôle
principal du ballet Soleil d’Afrique tout en commençant
à chanter la nuit pour gagner sa vie, mais aussi lors des
cérémonies traditionnelles telles que les mariages
et baptêmes.
Qui
continue ...

En 1989,
Maciré Sylla se fait remarquer par Bruno Camara, fondateur
d’Africa
Djolé, ensemble de percussions d’Afrique de l’Ouest
qui tourne en Europe. Elle intègre vite Fatala,
groupe basé aux Pays-Bas qui effectue des tournées
mondiales. C’est le début d’une carrière
ponctuée de rencontres, dont la principale reste celle
de Cédric
Asséo (1), compositeur suisse et futur mari avec lequel
elle initie en 1994 Djembé-Faré. Texto « la
danse du tambour », qui en dit long sur leurs intentions.En
1997, leur premier disque, “Mariama”,
est bien mieux qu’un simple coup d’essai. C’est
un véritable succès dans toute l’Afrique de
l’Ouest.
A la clef,
200 000 exemplaires écoulés en trois mois !) et
l’année d’après Maciré est couronnée
du titre convoité de meilleure chanteuse de Guinée.
Suivi de “Maya
Irafama”, en 2000, puis de “Sarefi”
en 2004. Et désormais “Massa”,
qui s’inscrit dans le sillon d’une Afrique urbaine
mais encore et toujours connectée à ses fondamentaux.
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(1)Cédric
Asséo
est musicien et compositeur du groupe Maciré Sylla. Après
avoir suivi une formation classique et jazz en Suisse et au Brésil,
où il a vécu près de huit ans, il met le
cap sur l'Afrique occidentale (Guinée, Mali, Burkina-Faso)
. C'est en Guinée Conakry que Cédric Asséo
va se rendre en priorité puisqu'en 1992 il y séjourne
pendant plus de huit mois. Il va approcher les plus grands percussionnistes
des ballets nationaux (Fadouba Oularé, Gbanworo Keïta,
Mamady Keïta, Famoudou Konaté). C'est à cette
occasion qu'il rencontre le flûtiste Mamady Mansaré
(Ballets africains) qui le conduit alors aux racines de la musique
mandingue, racines qui vont orienter et constituer les fondations
d'une nouvelle musique aux couleurs nuancées et métisses. |
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