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Maciré Sylla
Ancienne danseuse dans la troupe Soleil d’afrique,
membre du groupe Fatala entre 1989 et 1993, avec lequel elle
accomplit de nombreuses tournées internationales depuis la Hollande,
Maciré Sylla est originaire de l’éthnie Soussou,
dans la région de la Basse-Côte, en Guinée-Conakry.
En 1997, elle sort son premier album, “Mariama”,
qui devient un tube immense dans toute l’Afrique de l’Ouest
( plus de 200’000 exemplaires vendus en trois mois !) et le sacre
de la meilleure chanteuse de l’année 1998 en Guinée.
Yébah !
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Pour bien comprendre et mieux entendre
Maciré Sylla, il faut revenir en arrière.
Cette voix-là a suivi des voies divergentes
pour se créer la sienne, originale,
chaude et sensuelle. Certes on ne peut manquer
d’évoquer la tradition, longtemps
principalement incarnée par les griots
en Afrique de l’Ouest, qui a bercé
l’enfance de cette chanteuse née
en 1970 à Conakry. Pourtant, la jeune
fille aux origines soussou n’est pas
née dans cette caste qui se doit de
chanter depuis des siècles les louanges
du noble et les histoires du quotidien. Bien
au contraire. Elle en tire même une
certaine fierté, comme nombre de ses
consœurs apparues sur les scènes
locales puis internationales depuis la fin
des années 1980. Sa mère était
elle-même artiste, et c’est sans
doute pourquoi la petite fille sera élevée
par sa grand-mère dans un tout petit
village de Tayiré. De quoi lui Fournir
une solide assise rurale, ancrée dans
le réel.
C’est ainsi que son enfance va se rythmer
en fonction des récoltes et des fêtes
qui les accompagnent. A dix ans, la Guinéenne
rejoint sa mère à la capitale.
Là, elle découvre le ballet
Soleil d’Afrique et se découvre
une vocation : elle fera profession de la
musique et de la danse. C’est l’époque
où l’omnipotent Président
Sékou Touré promeut jusqu’à
l’excès l’idée que
tout Guinéen se doit d’être
potentiellement un artiste, et ce pour faire
rayonner la culture de ce petit pays au-delà
de ses frontières. Les fameux Ambassadeurs,
les redoutables Amazones de Guinée
ou le tout puissant Bembeya Jazz en seront
les fers de lance, les guides spirituels pour
les futures générations biberonnées
dans l’après-décolonisation
de la sous-région d’obédience
mandingue. Maciré Sylla n’est
donc pas la seule dans la place et la compétition
est des plus coriace. Pourtant, elle s’impose
comme le rôle principal du ballet Soleil
d’Afrique tout en commençant
à chanter la nuit pour gagner sa vie,
mais aussi lors des cérémonies
traditionnelles telles que les mariages et
baptêmes.
En 1989, Maciré Sylla se fait remarquer
par Bruno Camara, fondateur d’Africa
Djolé, ensemble de percussions d’Afrique
de l’Ouest qui tourne en Europe. Elle
intègre vite Fatala, groupe basé
aux Pays-Bas qui effectue des tournées
mondiales. C’est le début d’une
carrière ponctuée de rencontres,
dont la principale reste celle de Cédric
Asséo, compositeur suisse et futur
mari avec lequel elle initie en 1994 Djembé-Faré.
Texto « la danse du tambour »,
qui en dit long sur leurs intentions. En 1997,
leur premier disque, “Mariama”,
est bien mieux qu’un simple coup d’essai.
C’est un véritable succès
dans toute l’Afrique de l’Ouest.
A la clef, 200 000 exemplaires écoulés
en trois mois !) et l’année d’après
Maciré est couronnée du titre
convoité de meilleure chanteuse de
Guinée. Suivi de “Maya Irafama”,
en 2000, puis de “Sarefi” en 2004.
Et désormais “Massa”, qui
s’inscrit dans le sillon d’une
Afrique urbaine mais encore et toujours connectée
à ses fondamentaux.
Au programme, une combinaison de toutes ses
influences, une musique sinueuse et chaloupée
aussi bien marquée par tous ceux et
celles qu’elle a croisées sur
les pistes d’Afrique que sur les autoroutes
européennes. Les balafon, djembé
et autres dundumbas y percutent les saxophone,
guitare et piano, en un furieux mélange
festif qui appelle le corps à se bouger
et l’âme à s’échapper.
Difficile de résister à cette
formule électro-acoustique, ou plutôt
tout éclectique, où le sampler
a droit de cité aux côtés
d’une flûte traditionnelle, où
les longues mélodies nourries du terroir
populaire se frottent aux arrangements ouverts
sur toute la planète musique. Bribes
de funk, échos de jazz, une gorgée
de soul, une pincée de dub, une poignée
de textes ancrés dans le réel…
Maciré Sylla transcende par essence
la sacro-sainte loi des catégories,
avec d’autant plus d’aisance qu’elle
« habite » le moindre de ses mots,
tout comme elle chauffe la salle à
chacune de ses envolées, dansantes
et entêtantes.
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